Marais de Kaw (1)

LES MARAIS DE KAW

(acte 1)

 

Petite expédition avec Loïc et Ines : nous allons passer 24 heures aux marais de Kaw, la deuxième réserve naturelle de Guyane en superficie : 94 700 hectares, la plus grande réserve humide de France, un paradis pour les oiseaux où règne le caïman…

La réserve est situés à l’est de la Guyane, à cheval sur les communes de Roura et de Régina, et englobe le petit village de Kaw.

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(Source : www.marais-kaw.com/)

Le matin

Le rendez-vous est à 9 heures au bout de la petite route de Kaw. Après une heures de trajet depuis Rémire-Monjoly, nous rejoignons nos compagnons d’excursion au dégrad. Nous serons un tout petit groupe : neuf personnes seulement alors que le lodge peut en contenir jusqu’à 60…  et nous ne nous en plaindrons pas !

La pirogue arrive, nous sommes accueillis par Gaby, notre guide, et nous embarquons.

Premier contact avec les marais, nous commençons par descendre la rivière jusqu’à Kaw : petit village accessible uniquement en pirogue où vivent une poignée d’habitants, un véritable petit paradis perdu au milieu de nulle part.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA          OLYMPUS DIGITAL CAMERA(Village de Kaw)                                                            (Le parking !)

Puis remontée tranquille de la rivière. Gaby s’arrête fréquemment pour nous donner des explications ou nous montrer des plantes ou des oiseaux : nous ne savons où regarder tant il y en a partout !

Nous commençons par faire connaissance avec les « moucou-moucou » : plante  très courante en Guyane, colonisatrice des marais, formant des haies denses et quasiment infranchissables : et comme nous dit Gaby, « il est facile de se souvenir de leur nom : il y en a moucou-moucou » !

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(Les moucou-moucou)                                               (Une plante en fleur)

Ces plantes sont connues depuis très longtemps des amérindiens qui s’en servent pour éloigner les raies venimeuses des marais lorsqu’ils pêchent, en se frottant les jambes avec leur sève – qui est irritante pour la peau mais le choix s’oriente vers le moindre mal !

Nous remarquons sur les berges tous les 200 mètre environs des petits oiseaux de la taille d’un moineau, semblant monter la garde près de leur nid tressé avec des herbes sèches, et perchés sur des branches, la femelle grise et le mâle noir avec une tête blanche, : Madame et Monsieur « Moucherolles à Tête Blanche » :

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(La femelle grise et blanche)                                    (Le mâle à tête blanche près du nid)

Nous glissons sur l’eau calme, les marais sont bas et le lit de la rivière étroit. Gaby avance, s’arrête, rebrousse chemin pour que nous ne manquions rien. Au dessus de nous dans le ciel bleu et blanc tourne un Urubu à Tête Jaune. Nous retrouvons les mêmes oiseaux qu’en métropole comme le Héron Cendré ou l’Aigrette Neigeuse, et d’autres spécifiques à cette région comme la Grande Aigrette, le Jacana Noir ou le Héron Strié.

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(Héron Cendré et Aigrette Neigeuse)                       (Grande Aigrette peu farouche)

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(Jacana Noir)                                                                    (Héron Strié)

Les paysages sont à la fois dénudés et grandioses, une gamme de verts inimaginable en France métropolitaine, un dégradé du vert sombre de la montagne au loin, au vert le plus tendre des herbes, c’est magnifique.

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(Un carbet en bord de rivière)                             (La forêt secondaire derrière la savane)

Nous découvrons la forêt secondaire, reconnaissable entre-autres aux bambous géants qui ne sont pas endémiques en Amérique du Sud : ils ont été importés d’Asie et servaient souvent de point de repère au bord des rivières pour retrouver les habitations invisibles dans la jungle. On en trouve également le long de la Crique Gabriel où ils ont été plantés pour la même raison.

Nous passons près d’une ferme située en plein coeur du marais, les zébus paissent tranquillement sur une rive et en face un peu de fumée nous signale de l’écobuage en cours.

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(Les zébus)                                                                 (Ecobuage)

Plus loin dans les moucou-moucou, nous avons la chance de voir un couple d’oiseaux extraordinaires : des Hoazin Huppé (ou Sassa en créole), le seul oiseau au monde qui… rumine ! Avec ses griffes alaires il a un air très préhistorique et fait penser aux dinosaures volants… ils mangent des feuilles avant de s’envoler quelques mètres plus loin, un peu effrayés par la pirogue.

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(le Hoazin Huppé dans les moucou-moucou)

Malgré les nuage, il fait très chaud et le soleil tape dur, Ines et moi nous couvrons les jambes avec nos paréo, finalement le pagne sort vainqueur devant le short !!!

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(Sur la pirogue – photo de Loïc)

Nous arrivons à « l’éco-lodge flottant Caïman », structure tout en bois, où nous sommes attendus pour manger. D’abord déposer nos sacs et choisir nos hamacs, puis tout le monde se retrouve autour d’un sympathique Ti’Punch avant un bon repas. Notre petit groupe est bien sympathique et l’ambiance est très bonne. Juste en face du lodge, de superbes feuilles de nénuphars accueillent un nouveau volatile d’un joli bleu qui picore entre les feuilles : une Talève Favorite

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(Merci à Matthias pour avoir retrouvé son nom !)

 Mais pas le temps de trop musarder après le café, la forêt inondée nous attend !

 

(Fin de l’acte 1)

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