2006 – Lisbonne à Nantes

 STAGE A BORD DU BELEM

17 AU 29 JUIN 2006

LISBONNE A NANTES

 

JOURNAL DE BORD

 

SAMEDI 17 JUIN 2006

La Rochelle 05 H 45 : Je prends mon train avec quelques minutes de retard… heureusement que la SNCF a eu des problèmes de rame et que le départ a été retardé de 10 minutes ! Loïc (mon fils) m’a accompagné à la gare et a gardé la voiture, il me la ramènera à Nantes à mon débarquement en fin de stage.
Peu après le départ j’ai constaté que le personnel de la SNCF faisait quelques efforts pour captiver son auditoire lors des annonces qui n’intéressent personne : « dong, bonjour, ce n’est pas Batman, ni Spiderman, ni Superman… mais Superbarman ! La voiture bar est ouverte… etc… etc… » Après je ne sais plus, je me suis endormie.
A Paris, je trouve le car Air France dès ma sortie de la gare Montparnasse et je rejoins Roissy où les enregistrements de mon vol viennent de commencer.
Quelques temps d’attente et j’embarque.

Je remarque parmi les passagers un homme en chaussures bateau, vêtements de mer avec un gros sac « mou » qui pourrait bien être un de mes futur co-stagiaire… à l’arrivée à Lisbonne, alors que nous attendons nos bagages je lui pose la question : il va effectivement retrouver le BELEM, il s’agit de Jean-Paul qui vient profiter de son cadeau d’anniversaire. Nous décidons d’unir nos solitudes pour la journée qui nous attend avant l’embarquement demain vers 16 h 00.
A l’arrêt du bus, nous rejoint un troisième stagiaire : Fabien qui a lu mon mot sur le forum et qui me cherchait puisque j’avais donné mes horaires de voyage au cas où : efficace !
Nous allons tous les trois poser nos bagages à nos hôtels respectifs et nous donnons rendez-vous sur la place du Commerce près de la statue.
La pension que j’ai réservée est située à 5 minutes de la place, dans une petite rue tranquille derrière la cathédrale. Une chambre très propre avec un lit double, une armoire, une commode et un lavabo. Les WC et la salle de bain sont sur le palier et je suis très bien accueillie en français par José Manuel qui gère la Pensão São João da Praça.

Une fois retrouvé mes compagnons, nous décidons de chercher le BELEM au lieu indiqué par la Fondation : terminal maritime de Santa Apolonia. Je sais que le navire est bien arrivé à Lisbonne car lors de mon arrivée en avion je l’ai vu par le hublot remonter le Tage juste au-dessus du pont du 25 avril.
Au terminal : rien, le BELEM n’est pas amarré au lieu prévu. Nous trouvons un officiel du port de commerce qui nous indique qu’il est à un autre terminal : près du pont. Un trajet du bus plus tard nous le trouvons, sagement amarré et nous attendant.

0 Lisbonne 1

Nous buvons une bière à la terrasse d’un café en face du navire et partons visiter le centre de Lisbonne.

0 Lisbonne 12          0 Lisbonne 15(Mosteiro dos Jeronimos)                                                    (Fabien et Jean-Luc)

0 Lisbonne 2          0 Lisbonne 5(Padrao dos Descobrimentos)

Après une bonne balade nous avons opté pour un petit restaurant bien sympathique : apéritif avec rillettes de thon et de sardines, fromage de chèvre, puis : espadon grillé avec pommes de terre, salade et tomates. Le tout arrosé d’un excellent vin rouge portugais. Un gâteau aux amandes plus tard, nous repartons chacun de notre côté pour nous reposer avant le départ.
Ma chambre est calme et je m’endors vite malgré les klaxons et les chants qui me parviennent par la fenêtre : les portugais viennent de gagner leur match de poule à la coupe du monde de football et il est bien difficile de ne pas le remarquer tant ils fêtent ça comme si ils venaient de gagner la finale !

DIMANCHE 18 JUIN 2006

10 heures : après avoir pris mon petit déjeuner dans le petit restaurant « Almargem » derrière la pension et avoir fait mes sacs, je retrouve Jean-Paul et Fabien sur le quai devant le BELEM. Nous déposons nos sacs et partons pour… Belem en tram. Il nous dépose… au dépôt (et non à l’arrêt prévu) pour cause de problème technique et nous continuons à pied par le bord du Tage. Il fait bien chaud et nous nous arrêtons en route pour boire une petite bière avec vue sur… la Tour de Belem, on ne change pas les bonnes habitudes ! Nous la visitons : c’est beau, avec des tas de gargouilles, blasons, pinacles et autres décorations. Au sommet, je remarque au sommet de chaque tourelle un pinacle qui aurait pu inspirer Gaudi, les carreaux cassés en moins !

0 Lisbonne 3
(La Torre de Belem)

Nous mangeons non loin de là : sardines grillées, morue ou espadon : excellents.
Nous regagnons le navire en bus puis à pied.

16 heure : l’embarquement, enfin !
Je prend possession de ma bannette : N° 27, 2° tiers. Je retrouve Myriam dans mon tiers avec qui j’ai fait St Nazaire à Brest il y a 2 ans, et les deux dernières sont Charlotte et Sylvine.
17 heures : appareillage. Un rapide briefing dans le grand rouf avec Bernard (Capitaine), puis il nous laisse profiter de l’appareillage.

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(Sur la dunette : le Commandant, le Pilote et le Capitaine)

A peine installée sur le spardeck, José m’appelle avec Myriam et d’autres « récidivistes » pour lover les aussières sur les rouleaux. J’en profite pour barbouiller mon pantalon de bonne graisse… la routine.
19 heures : repas : entrée salade, palette à la moutarde, frites, fromage et fruits. J’ai faim et je mange bien. Ensuite dodo : je suis de quart de 0 à 4 h et il serait bon de dormir un peu.

LUNDI 19 JUIN 2006

A minuit moins le quart Gaël vient nous réveiller et c’est vraiment dur de sortir de sa bannette !
Habillage : pantalon polaire, chaussettes, blouson, salopette, bottes et veste de quart. Je retrouve avec plaisir la barre du BELEM bien qu’il soit au moteur avec juste quelques voiles dans l’axe pour le stabiliser. J’aurai tout de même des délicatesses avec mon estomac qui refusera une partie du dîner… puis tout rentrera dans l’ordre et le reste du quart se passera bien.
2ème heure : la veille, nous sommes 4 à l’avant, assis sur les rouleaux d’aussières et nous avons bien du mal à ne pas dormir. Décidément ce quart est vraiment dur en tout début de stage ! Heureusement, la 3ème heure est en « dispo » : je m’endors sur le banc des demoiselles derrière la dunette, c’est toujours ça de pris !
Chance pour nous : nous revenons à l’heure française cette nuit : à 3 heures… il est 4 heures et nous allons nous coucher dans nos bannettes cette fois. Prochain réveil au petit déjeuner.
Ce matin, je déjeune… en pyjama ! J’ai faim – c’est bon signe – et je mange bien : pain, beurre, confiture et thé. Je préfère ne pas tenter le diable avec du café pour l’instant.
A 8 heures nous briquons le pont avec Pépé et à 9 heures je retourne dans ma bannette pour finir ma nuit. Je ne me réveille qu’au bruit de la table qu’on installe à 11 heures moins le quart.
Saumon fumé, gigot et flageolets, fromage et aumônières feuilletées pommes-poires-chocolat encore tièdes : un régal ! Je mange comme un ogre et mon estomac va bien, je vais pouvoir reprendre le café. Pourtant la mer est agitée avec un vent de NW force 5 à 6 et le navire bouge pas mal, je m’étonne moi-même.
A 12 heures : quart. Comme nous sommes de jour, José nous laisse faire ce que l’on veut : un peu de barre, un peu de veille au gré de nos envies.
En début d’après-midi, causerie maritime de Jean-Alain (Commandant) : l’histoire du BELEM avec un très beau montage photos, toujours intéressant même si je commence à bien connaître le navire.

19 06 2(Stagiaires… surgelés !)

A 16 heures : exercice d’abandon du navire avec Bernard qui nous donne les consignes de sécurité avec force commentaires assaisonnés de son humour ravageur, toujours drôle !
Je vais écrire un peu sur le spardeck non loin de Yannick qui répare une voile. Il est ancien marin pêcheur et très sympa comme tous les membres de l’équipage du BELEM !
Le soir : charcuterie, espadon grillé, poireaux et pommes de terre, fromage et fruit.
21 heures : vite dodo car la nuit va être courte…

MARDI 20 JUIN 2006

0 à 4 heures : de quart comme la nuit précédente, nous ne changerons d’heures de quart que tous les trois ou quatre jours pour ne pas trop fatiguer, je commence donc par le plus dur, ce sera toujours ça de fait ! La première heure à la veille avec José, il y a pas mal de cargos qui se promènent et quelques feux dansent autour de nous. A un moment je dis à José que je vois une lueur devant l’étrave. Il regarde et ne voit rien. Je scrute l’horizon et lui assure que je vois une lueur, il part à la dunette et revient cinq minutes plus tard en m’appelant « œil de lynx » : « tu as raison, il y a bien un navire mais loin devant nous …..  On l’a trouvé au radar mais impossible de le voir à l’œil nu ! » En effet, j’ai du confondre un feu et une étoile au ras de l’eau car j’ai bien vu une lueur !

Après une heure de barre, nous sommes en « dispo » et José nous emmène dans le petit roof pour voir un DVD sur un des derniers grands Cap Horniers : le « Pecking ». Les images sont un peu floues parfois et tremblent un peu mais c’est impressionnant : cinq mâts et une armée de marins qui se débattent parfois dans la tempête, passionnant !
Ensuite Sylvine et moi nous nous endormons sur les banquettes confortables et quand José revient pour la dernière heure de quart, il nous envoie toutes les deux… à nos bannettes : merci José !
7 h 00 : Sylvine et moi continuons notre nuit en sautant le petit déj’, tant pis, nous nous rattraperons plus tard en passant par la cuisine !
A midi : rebelote de quart, et cette fois nous remplissons nos tâches sans problème. La mer est agitée et la barre n’est pas facile mais c’est bien agréable d’être sur le BELEM et j’en profite à fond.

A 12 h 00 : repas puis temps libre. J’ai emmené un livre… que je n’ai pas ouvert (je ne l’ouvrirai pas de tout le stage !) je préfère me balader sur le pont et discuter avec les autres stagiaires ou l’équipage. J’irai régulièrement faire un tour à la dunette pour prendre en photo la carte et le GPS pour pouvoir ensuite refaire notre itinéraire sur ma carte.
18 h 45 : je fonce à la cuisine car je suis de service. Il s’agit de mettre la table pour le service et de descendre les plats au fur et à mesure du repas. Puis nous débarrassons et allons faire la vaisselle avec la cuisinière, pas de panique : il y a un lave-vaisselle… il suffit donc d’y mettre puis d’en retirer et essuyer les assiettes et couverts. Avec Lionel et Emma c’est très sympa et on fait cela dans la bonne humeur. Ce soir le service est un peu sportif : la mer est agitée, il y a du roulis et du tangage, et le déplacement le long des coursives avec les plats n’est pas évident. Il faut passer le surbau et descendre l’escalier qui mène à la batterie, sans les mains qui maintiennent les plats… acrobatique et amusant !

Le BELEM est un navire assez stable : malgré la mer formée il prend un peu de roulis mais surtout « pioche » dans la plume avec de belles gerbes d’écume dans les creux, c’est spectaculaire et je pensais qu’il bougerait plus que ça, quand je pense à ce que nous pouvons danser avec Toupidek (mon petit voilier de 8 mètres) dans les mêmes circonstances… j’apprécie ! Avec le temps qu’il fait, nous prenons nos repas « chic » : pour que les assiettes et les plats ne glissent pas sur la table, on la mouille avant d’y installer une nappe en papier – blanche s’il vous plaît – le nec plus ultra étant de mouiller également la serviette sous l’assiette pour pouvoir manger tranquillement…

Le soir après cette douce corvée de repas je retourne dormir car à minuit ce sera debout…

MERCREDI 21 JUIN 2006

0 à 4 heures… re-de quart : la routine et je commence à m’y habituer… je serai tout de même contente de dormir un peu plus les prochaines nuits mais pour le moment ça va.
Tout va bien et ces quatre heures se passent sans problèmes. Il y a encore des stagiaires qui ont l’estomac pas très bien accroché, certains qui oscillent entre franche nausée et « pas trop mal », et surtout un qui vient courageusement à table à chaque repas essayer de manger un peu et qui trois bouchées plus tard les restitue aux toilettes avant de regagner sa bannette… galère ! Moi je vais bien, j’ai commencé à prendre maintenant cinq repas par jour… trois « officiels » plus les en-cas entre deux… je n’y peux rien : j’ai faim !

Fin du quart, dodo puis petit déjeuner. Le reste de la journée se passe bien malgré le temps agité : le vent se maintient à force 6 toute la journée avec une pointe à 7 en fin de soirée. La mer est agitée à forte avec une houle de nord qui ira jusqu’à 4 mètres… pas étonnant que nos nauséeux aient du mal à s’amariner !

Nous approchons de la baie d’Arosa un peu au sud du Cap Finisterre où nous allons mouiller en fin de matinée. Cela va faire du bien de se dégourdir les jambes !

Le temps n’est toujours pas au beau fixe et surtout le vent ne coopère pas beaucoup : NNE force 6 ce matin à 4 heures en fin de quart, depuis il a molli à force 4 mais la houle est toujours de 2 mètres de NW … nous dansons toujours sur la mer jolie…

A 10 heures, briefing de Jean-Alain sur les feux : il s’amuse à nous poser des colles avec des diapos « en situation », je me repère assez bien mais je ne connais pas par cœur toutes les subtilités de la signalisation de nuit, il faudra que je révise ! En conclusion il nous demande ce que représente la dernière diapo, d’après lui la plus difficile même pour les officiers passant le concours de la marine marchande : deux feux rouges en diagonale et l’un plus haut que l’autre… la réponse est deux nez rouges lumineux sur le visage de deux Moaïs de l’Île de Pâques… bon sang mais c’est bien sûr !

Depuis ce matin, nous longeons la côte et je reconnais les îles Ciès qui barrent l’entrée de la baie de Vigo où nous avions fait escale avec le voilier de nos amis Marie-Joëlle et Dominique, souvenirs, souvenirs…
A midi je suis de nouveau de service, cela revient tous les deux jours environs mais ce n’est pas pesant.

21.06 carte rias                       21 06 13
(Carte du SHOM :                                                 (Panneau d’info du bord :
de la baie de Vigo à la baie d’Arosa)                        heures des navettes en zodiac)

A 11 heures, en sortant du grand rouf… nous entrons dans la baie d’Arosa… Cette ria ressemble beaucoup à celle de Vigo, le soleil brille et maintenant que nous sommes à l’abri du vent et surtout de la houle, le BELEM glisse sur l’eau calme et bleue à peine ridée… Nous sommes tous très contents de ce mouillage et nous ne traînons pas à table car les navettes en Zodiac commencent dès la fin du dessert.
Au premier voyage, un stagiaire débarque avec ses sacs : il n’a toujours pas vaincu son mal de mer et ne désire pas rester plus longtemps à bord, il nous quitte malgré le fait qu’il devra prendre un taxi, puis un bus pour enfin rejoindre la gare de Saint Jacques de Compostelle pour rentrer en train chez lui, dommage.
Le trajet en zodiac dure un petit quart d’heure et nous débarquons dans le port de plaisance, près du yacht club. Nous faisons une belle balade dans ce village désert mais avec une vue superbe… sur le BELEM ! Nous nous retrouvons dans un petit bar avec la quasi-totalité des stagiaires à terre.

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(Le Belem en baie d’Arosa)

Nous regagnons le bord pour 18 heures 30 pour le pot de l’équipage : un punch « BELEM » comme d’habitude : excellent.
Ensuite : repas. Nous mangeons et profitons de l’anniversaire de Myriam pour déguster une omelette norvégienne au dessert. A la fin des deux services, les navettes reprennent.
Je ne suis pas sûre de vouloir retourner à terre, mais Yannick, Gaël, Jérémie et les autres membres de l’équipage qui ne sont pas de quart nous entraînent, Myriam et moi dans le zodiac sans vraiment nous demander notre avis… et bien, allons-y ! Viennent avec nous à terre les membres d’équipage, plus Pierre, Fred, Stéphan, Benoît.
Nous nous retrouvons à la terrasse du yacht club, avec un verre, bien sûr. Nous arrosons une fois de plus l’anniversaire de Myriam, puis Jérémie sort son accordéon : nous sommes le 21 juin, fête de la musique, et bien nous allons faire de la musique !
D’autres stagiaires ont débarqué et se joignent à nous, nous chantons de bon cœur, la chorale s’étoffe et est bien sympa. Dans la salle, un équipage de voilier est à table : cinq britanniques en escale eux-aussi qui font un super bon repas super bien arrosé… il y a déjà cinq bouteilles de vin vides sur leur table ! Ils demandent à Jérémie qui passe dans la salle si le navire est militaire (quelle horreur !), il les éclaire sur la nature pacifique du BELEM.
Vers 10 heures, il commence à faire frais, Myriam met la vareuse de Gaël et je commence à vraiment geler, nous décidons tous de regagner l’intérieur.
Le patron du club commence à se faire du souci : il est vrai que nous faisons un peu de bruit… mais ses seuls autres clients (les britanniques) se joignent à nous et se mettent eux aussi à chanter, de plus il voulait fermer à 11 heures : raté !

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(Au Yacht Club d’Arosa)

Jérémie nous laisse de temps en temps reposer nos voix en jouant des morceaux entraînants : valses, polkas… et nous fatiguons alors nos pieds en dansant, tout le monde s’amuse, sauf le patron qui fait une tête de six pieds de long, non justifiée d’ailleurs car le commerce marche très bien ce soir !
A minuit moins le quart, personne n’a envie de prendre le zodiac, pourtant le dernier doit partir… à minuit. L’équipage nous dit que de toute façon le zodiac viendra chercher tout le monde et que ce n’est pas grave si on est en retard, prophétie qui va se réaliser au-delà de nos espérances…
Une première navette ramène des stagiaires et quelques gabiers, nous attendons la suivante, il est minuit et demi et nous chantons et dansons toujours.
La navette revient avec José et Pépé qui en profitent pour venir boire un petit coup maintenant que leur quart est fini, nous embarquons pour le retour, un quart d’heure… en principe. Le moteur du zodiac va caler… quatre fois, et ne redémarre qu’après bien des tentatives… nous allons mettre 45 minutes pour regagner le bord, gelées Myriam et moi, et nous allons d’ailleurs directement nous réchauffer sous une douche bien chaude. Le zodiac repart pour ramener les membres d’équipage qui restent à terre, il va re-caler plusieurs fois, et le petit zodiac va même être obligé de partir à sa rescousse, il va prendre son bout dans l’hélice et caler lui aussi… Jérémie sera obligé de se mettre à moitié à l’eau pour dégager le moteur. Pendant ce temps, à terre, ceux qui restent s’impatientent : le maître de port est prêt à les ramener à bord avec son embarcation quand le petit zodiac arrive. Ils rentreront tous et finiront de remettre les deux zodiacs à bord à 3 heures du matin, quelle soirée !

JEUDI 22 JUIN 2006

Je change de quart : 8 heures à 12 heures, c’est quand même plus tranquille.
Après le petit déjeuner, pas de « servitude » car nous sommes au mouillage. A 10 heures  briefing de Jean-Alain : un point sur la météo puis : la carte marine, toujours intéressant, et bien documenté. Nous quittons la baie d’Arosa à 11 heures, à la fin de la causerie du Commandant. Le vent est de NNW force 3 et pour le moment la mer est belle.
En début d’après midi : matelotage : les surliures avec Jérémie et Yannick, avant de passer aux épissures demain.
Depuis ce matin, nous sommes accompagnés : des dauphins jouent autour de nous et surtout devant l’étrave, je passe un long moment couchée sur le pont avec l’appareil à bout de bras et j’arrive à faire quelques photos sympas.

04 dauphins
(Juste sous le Beaupré)

A 16 heures, le temps s’est affirmé : vent de NW force 6 avec une mer forte, heureusement que je suis bien amarinée et tout va bien, je mange de plus en plus…
Position à 17 heures 48 : 42° 23.607 N 09° 35.414 W
A 20 heures je prends mon quart avec joie : la mer est belle : vent de N force 7 avec une houle de nord de 3 mètres et le navire « pioche » dans la plume : superbe, si bien que pour prendre la veille, nous ne sommes plus sur l’avant mais au pied du grand mât car toute la proue et l’avant du spardeck sont largement arrosés d’embruns.
Après un passage à la cuisine pendant la « dispo », retour dans ma bannette pour une longue nuit : 7 heures d’un coup, royal !

VENDREDI 23 JUIN 2006

A 7 heures : petit déjeuner, je devrais dire gros déjeuner ! avant le classique rôle de propreté jusqu’à 9 heures, et puis retour de quart sur une mer calme mais houleuse : vent de N force 2/3, mer peu agitée mais houle de NW de 2 mètres, il reste quelque chose du vent d’hier ! Mais notre BELEM se comporte toujours bien et nous marchons maintenant franchement vers le nord.
A 10 heures : briefing rapide du Commandant pour nous faire le point sur la météo et sur la position du navire. Il nous annonce ensuite le début de l’instruction dans la mâture : enfin ! j’attends ça depuis Lisbonne pour me rattraper de ma trouille du dernier stage qui m’avait stoppé sous la première hune du mât de misaine avec Charly.
Nous allons rapidement capeler nos harnais et montons 3 par 3 sur le grand mât. Il y a maintenant une nouveauté : une ligne de vie qui monte jusqu’à la vergue de grand cacatois : nous sommes maintenant assurés tout le long de notre ascension, c’est rassurant et je monte sans problème sur la vergue de grand voile, puis sur la hune : il n’y avait pas de quoi avoir si peur, la sécurité me gêne plus qu’elle ne m’aide mais sans elle… je ne sais pas si je serais aussi fière !

23 06 4
(Depuis la Hune du grand mât)

Position à 11 heures : 44° 18.427 N 09° 08.172 W
Le quart se passe presque intégralement aux ascensions et nous ne voyons pas le temps passer. Déjà midi : à table car je meurs de faim !
Dans l’après midi je remonte de nouveau sur la vergue et la hune avant de passer aux épissures : Jérémie et Yannick reprennent leurs cours et nous surlions et épissons joyeusement. Chacun avec sa longueur de bout, nous nous appliquons à bien faire et je trouve cette activité bien plus facile que je ne le croyais : dorénavant j’épisserai au lieu de faire des boucles avec des nœuds disgracieux ! Jérémie m’accorde même un « 18 » pour ma toute première œuvre :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Aujourd’hui, toujours des dauphins, je complète ma galerie de photos à l’avant, ils viennent par groupes, jouent un moment et repartent pour laisser la place à d’autres, c’est vraiment magique.
Position à 18 h 30 : 44° 52.296 N 06° 46.156 W
Juste après avoir relevé le point je fonce mettre la table : je suis de service ce soir, puis de quart jusqu’à minuit.
Encore un quart sans problème, un peu de barre et de veille et beaucoup à manger… décidément je vais doubler de volume… mais j’ai faim !

SAMEDI 24 JUIN 2006

24 06 1
(Programme du jour)

Après une longue nuit et un solide petit déjeuner, je retrouve mon chiffon et mon Miror comme tous les jours entre 8 et 9 heures pendant que l’équipage met à la voile : cela va faire du bien de ne plus entendre le ronron des moteurs.
Position à 9 h 13 : 46° 34.016 N 06° 14.979 W

24 06 7

Côté météo, tout va bien : vent de N force 2 à 3 avec une mer belle.

A 14 h, Aymeric ouvre la boutique et les chalands sont là : pour ma part je me procure le T’shirt des 110 ans – bleu marine et bien plus beau que le marron du premier stage – le polaire et le bonnet et un T’shirt ciel à manches longues dit « pour dames » très sympa. Une fois de plus j’aurai regarni ma garde-robe marine à bord. Malheureusement, j’ai repéré un couteau super joli… qui n’est plus en stock, dommage.
Position à 15 h 07 : 46° 39.018 N 05° 48.017 W

A 15 h 30 nouveau briefing du Commandant : après le traditionnel point sur la météo et la position du navire, il nous raconte Trafalgar, mauvais souvenir maritime pour la France s’il en est, mais récit passionnant tout de même, avec de nombreux documents tous aussi intéressants les uns que les autres.
Plus tard, alors que je remonte de la batterie, j’entends un « plouf » et je me précipite avec l’appareil photo qui heureusement ne me quitte pas : deux dauphins sont juste là, jouant dans les vagues : je les prends et ils sont magnifiques !

24 06 15

La fin de l’après-midi se passe tranquillement : le temps est toujours idéal : vent force 3 à 4 et mer belle à peu agitée, nous sommes au milieu du Golfe de Gascogne : génial !
Après le repas du soir pris au premier service, je reprends mon quart jusqu’à minuit et c’est super car le coucher de soleil est magnifique et la nuit superbe : ce stage est magique !

DIMANCHE 25 JUIN 2006

Comme tous les matins, c’est Gaël qui nous réveille… et en douceur, mais oui ! Et ça donne quelque chose qui ressemble à ça : (voix suave genre hôtesse de l’air…) « debout … il est sept heures, le petit déjeuner est prêt … la position du navire est de 46° 45’ N et de 5° 52’ W … la mer est belle … le vent de force 3 … le ciel dégagé … la pression atmosphérique de 1015 Hectopascal … et comme nous sommes dimanche, il y a des croissants chauds et des pains au chocolat … » pas mal, non ?
Ensuite, Miror et chiffons, avec quelques brosses à dents pour les coins… nous frottons gaiement, d’autant plus qu’à l’arrivée à Nantes ce sera l’anniversaire officiel du BELEM, chacun se donne à fond pour qu’il soit le plus beau possible.
Avec Fabien, nous prévoyons de nous attaquer à « mon » projecteur, celui qui est sur la dunette et que j’avais briqué avec Pascal pendant mon premier stage de Nantes à Brest. Vaste entreprise : il est tout vert et il va falloir un peu d’huile de coude !

27 06 7 avant
(Avant…)

Je suis de quart mais Jean-Alain nous fait son briefing à 10 heures, alors au lieu de barrer ou veiller nous nous rassemblons dans le grand roof. Comme tous les jours il commence par un point sur la météo et la position du navire.

25 06 6

Aujourd’hui nous allons parler de la famille des grands voiliers. Très bien documenté, comme toujours, notre Commandant nous explique par le menu les différentes familles de grands voiliers et les bricks, goélettes et autres barques n’ont plus guère de secrets pour nous…
Comme le temps est toujours idéal, il nous annonce le programme de la journée : tout d’abord la « tournée japonaise », autrement dit : le Zodiac photo, prévu à partir de 14 heures, puis à suivre l’instruction dans la mâture… mais dans les hauts ! Génial, je vais pouvoir remonter à la vergue de grand voile et continuer jusqu’en haut du grand mât, j’en rêve depuis l’autre jour.
Après le repas de midi (je suis de service à 12 heures) chacun prépare son appareil et notre « Tonton » demande même à l’équipage de rentrer l’échelle de pilote et de refermer la porte le long de la lisse pour que les photos soient plus belles… Merci Jean-Alain !


25 06 11

J’embarque avec Yannick et nous commençons notre tour par une vue de loin du Belem, et… le moteur du zodiac tombe en panne… décidément ! Nous regagnons le navire à petite vitesse pour constater qu’il n’y a plus d’huile… Jérémie remplace Yannick et nous repartons. J’ai beau l’avoir déjà fait, c’est toujours aussi royal de voir ce navire sous voile de tous les côtés. Ça l’est d’autant plus aujourd’hui car nous sommes au beau milieu du Golfe de Gascogne et la mer est superbe. Encore un souvenir inoubliable à mettre dans ma besace.
Position à 16 h 44 : 47° 08.087 N 04° 34.076 W
Ensuite je vais capeler mon harnais de sécurité et je prends la file pour monter au grand mât. Je fais ma première ascension avec Anne-Marie sous l’œil attentif de « JD » : après la hune, l’inconnu… je monte sans appréhension et je me retrouve sur la vergue du grand cacatois sans l’ombre d’une hésitation, nous avons bien sûr pris nos appareils photos et j’immortalise ce moment. Le navire est magnifique vu d’ici avec la mer à perte de vue tout autour. Deux goélands me font un numéro de voltige au sommet du mât d’artimon ! C’est vraiment fabuleux et je n’ai aucune envie de redescendre, mais il le faut bien. Tant pis, je remonterai à la première occasion et Anne-Marie sera là aussi car elle est aussi envoûtée que moi !
L’occasion se présente assez vite, comme les ascensions vont se terminer – c’est maintenant Manu qui dirige les stagiaires – nous lui demandons si on peut remonter toutes les deux, il nous dit qu’il ne lui reste plus que 10 minutes avant son quart et que l’on aura pas le temps. Anne-Marie et moi, nous lui affirmons qu’il ne faudra pas plus de 5 minutes pour monter et cela le fait sourire, il accepte en ne nous croyant pas. Arrivés sur la vergue de grand cacatois, il nous fait : « chapeau les filles, vous êtes les plus rapides de la journée, bravo ».

23 06 6          25 06 23 (Manu – vergue du grand Perroquet)                     (Sur la vergue de Grand Cacatois)

Après un dernier coup d’œil, nous redescendons ravies, c’est vraiment magnifique et j’espère que les photos reflèteront ce que je viens de ressentir car cela vaut vraiment la peine de monter.

Pour continuer cet après midi de rêve, un petit tour à la dunette où nous essayons de ne pas mettre le soleil dans l’eau en visant au sextant, passionnant.
Aujourd’hui nous changeons pour la dernière fois de quart, après avoir fait 8 à 12 ce matin, je fais 18 à 20 ce soir et ensuite je serai dans le « 4 à 8 » jusqu’à notre arrivée à Nantes.

Les nuits vont de nouveau être fractionnées mais je suis reposée et cela ne me fait pas peur.
Après le repas du soir, dodo. Il ne faudrait tout de même pas oublier de dormir pour être en forme tout à l’heure.

LUNDI 26 JUIN 2006

4 heures : de quart jusqu’au petit déjeuner que nous préparons pour les stagiaires : cuire le pain, chauffer le lait, l’eau et le café, c’est sympa. Et ce matin, Pierre est d’humeur taquine : en mettant la table il va faire « la totale » : confiture, miel, pâte à tartiner… à quoi il ajoute sel, poivre, moutarde, mayonnaise, tabasco…

26 06 5… et ça ne sera qu’à la fin de son petit déjeuner que Fabien demandera d’une voix assez ensommeillée : « mais pourquoi est-ce qu’il y a du ketchup sur la table ? »… accueilli par un grand éclat de rire !

Mais avant de manger, en attendant que tous soient arrivés, un petit tour à la dunette : nous sommes maintenant près des côtes et il y a de nombreux navires autour de nous

26 06 5
(Echo radar à 7 h 39)

8 heures à 9 heures… tiens tiens, on frotte ! Maintenant je suis de service dans la batterie et les sanitaires, mais tout cela se fait toujours dans la bonne humeur, sous la direction attentive de « JD ».
Et comme nous ne sommes pas dans le même tiers, Fabien qui lui est de service dehors, va commencer seul le nettoyage du « projecteur projeté », nous le finirons ensemble :

27 06  apres7(Après !)

Position à 8 heures 50 : 47° 39.175 N 03° 27.308 W

A 9 heures 30, briefing, toujours le point sur la météo et la position, puis l’organisation de la journée : nous allons mouiller à Groix vers 10 heures, puis après le repas les navettes suivront à partir de 13 heures.

26 06 8

Nous débarquons en début d’après-midi et je retrouve avec plaisir Port Tudy et Groix, toujours aussi sympa. Nous traversons l’île pour aller au Trou de l’Enfer puis nous rentrons au port. Nous nous retrouvons à la terrasse d’un café, cinq puis neuf, puis… quasiment tous l’équipage !
Nous regagnons le bord et tout le monde est là, équipage et stagiaires, car cela fait maintenant neuf jours que nous sommes ensemble, le groupe est bien soudé et nous nous connaissons maintenant bien.
Le traditionnel pot sera servi à 18 heures 30 et Myriam et moi installons les verres et les « zakouskis ».
Le soir, retour à terre, nous partons une quinzaine pour manger une crêpe, puis nous retrouvons le reste de la troupe chez « Ti Beudeff », bistrot de marin bien connu. A notre entrée, les autres se manifestent bruyamment et une bande de jeunes des Glénans demande à un de ses animateurs « qui c’est ? », la réponse sera : « les jeunes, ça c’est l’équipage du BELEM, respect ! ». On ne le montre pas mais nous sommes tous assez fiers…

26 06 18(Ti Beudeff)

Peu après minuit, un premier groupe décide tout de même de rentrer à bord, et Nico fait les premières navettes. Ayant vu l’état du reste de la troupe, nous attendons de les voir rentrer… une heures et demie plus tard, pilotés par Bernard. Encore une nuit qui sera courte…
Une fois de plus, le Zodiac sera remis sur son berceau à trois heures du matin, heureusement qu’il en a l’habitude !

MARDI 27 JUIN 2006

Pas de quart de 4 à 8 pour cause de mouillage, la nuit aurait été vraiment succincte.
De 8 à 9, rôle de propreté, comme d’habitude, tout le monde a à cœur de faire briller le moindre millimètre carré de cuivre, José décape même une des claires-voies pour la revernir avec quelques aides, c’est le grand jeu.
Nous appareillons dès les chiffons rangés : la mer est d’huile et le vent nul, nous quittons donc le mouillage au moteur.
Plus tard, nous mettons à la voile et les stagiaires sont mis à contribution pour dérabanter les voiles. Il est évident qu’Anne-Marie et moi sommes sur les rangs, et nous montons au grand cacatois accompagnées de Gaël. Une fois de plus je savoure la vue de là haut, surtout que ce matin nous avons en plus la vue sur Groix, et la côte de Lorient à la presqu’île de Quiberon : magnifique.
Des dauphins viennent même accompagner le BELEM, vu du haut du grand mât le spectacle est somptueux !

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(Avec Gaël et Anne-Marie sur la vergue de Grand Cacatois)

Nous redescendons ensuite dérabanter le grand hunier volant, puis la grand voile. Les autres voiles sont prises en charge par d’autres stagiaires. Nous finissons par redescendre tout en admirant une fois de plus la majesté de ce navire. Les plaisanciers qui naviguent autour de nous font chauffer leurs appareils photo…
A 14 heures 30 : briefing sur les virements de bord : le prochain aura lieu demain matin… à 4 heures au premier changement de quart… pourquoi pas !
Comme nous sommes déjà devant l’embouchure de la Loire, nous prenons un cap vers le large et nous ferons demi tour dans la nuit.
Dans l’après-midi, la boutique rouvre ses portes et ne désemplit pas : quel succès !
Il nous faudra attendre 20 heures pour toucher un peu de vent : un petit NNW de force 1 mais qui fait tout de même avancer le navire.
Personne n’a envie de rentrer à Nantes, nous projetons même en riant de tenter une mutinerie pour ne pas rendre le BELEM. Comme Jean-Alain émet des protestations et s’en ouvre à Jacques, notre stagiaire Commandant à la retraite lui répond qu’il prendra le parti des mutins et dirigera le navire… nous le surnommons « Fletcher » !!!

07 a la barre
(Jacques à la barre : un deuxième « Tonton » à bord !)

Personne n’a envie d’aller se coucher se soir, c’est notre dernière nuit à bord en navigation et chacun veut en profiter au maximum.

MERCREDI 28 JUIN 2006

Dernier quart de 4 à 8 : la nuit est magnifique et la mer est calme. Le BELEM glisse doucement sur l’eau, toutes voiles dehors, c’est superbe.
Après le rôle de propreté qui va durer 2 heures ce matin car personne n’a envie d’arrêter avant que tout ne brille, nous rejoignons Jean-Alain pour le traditionnel briefing : après la météo et la position du jour, il nous invite à venir visiter le salon du Commandant par petits groupes : c’est une belle cabine, toute vaigrée de bois bien verni, avec un bureau, une grande table et une imposante bibliothèque. Au mur se trouvent un portrait de Mr Cronan, premier armateur du BELEM, une demi-coque datant de l’époque Westminster, divers objets en cuivre et deux becs d’albatros.
A 14 heures, nous embarquons le pilote et commençons à remonter la Loire. Nous croisons quelques navires qui saluent comme il se doit le BELEM à grands coups de corne de brume.

28 06 9(Embouchure de la Loire et pont de Saint-Nazaire)

Et lors de notre passage sous le pont, il y aura même de nombreux véhicules qui salueront eux-aussi le Belem à coup de klaxon !
Presque en face de St Nazaire, nous embarquons deux journalistes d’une télévision locale nantaise qui viennent faire un reportage sur le navire à l’occasion de son 110ème anniversaire. Ils ont déjà un plan de tournage et des activités sont programmées pour qu’ils puissent avoir les images qu’ils veulent : les gabiers en train de monter dans les mâts, puis les stagiaires en train de brasser les vergues. Puis ils interviewent des membres de l’équipage et des stagiaires pour compléter leur reportage.
Au bout de la jetée de St Nazaire, il y a les parents de Frank qui font des signes, et Frank s’égosille à crier « bonjour Papa, Maman », alors nous nous y mettons tous : 35 voix qui hurlent en même temps « bonjour Papa, Maman »… dix secondes plus tard, le portable de Frank sonne et ses parents lui demandent « qu’avez-vous dit ? On a entendu vos voix sans comprendre »… ils ont entendu nos rires !
La remontée de la Loire se poursuit, dans la bonne humeur malgré la perspective que le stage se termine. Manu et Jérémie sortent l’accordéon et la guitare et jouent en alternance avec des chants de marins repris par tous, c’est vraiment sympa.
Tout le groupe se rassemble sur le spardeck pour une photo de groupe, alors la journaliste
propose de prendre la photo pour que tout le monde y soit… bonne idée, elle a fait 38 photos à suivre et avait un bel étalage d’appareils devant elle !

28 06 21
(Merci à la journaliste pour la… 38ème prise de vue !)

Peu avant l’arrivée, vient à notre rencontre BABAR, (le vieux gréement de Pierre Raffin-Caboisse, Papa de Charles) avec à la barre Charly accompagné de quelques amis qui sirotent une bière pour faire enrager les gabiers du bord (rappelons que le BELEM est un navire sec)…

Jérémie et Manu redoublent d’énergie pour jouer et l’ambiance est vraiment formidable. Les deux journalistes ressortent micros et caméras et se remettent à filmer, particulièrement les stagiaires en nous demandant si c’est toujours comme ça à bord… je crois que nous les avons un peu « scotchés » !

28 06 18
(Manu, Jérémy et BABAR)

Toujours accompagnés par BABAR, le BELEM arrive à Nantes où les familles et les amis sont là, sur le quai à nous attendre. Je repère Loïc appuyé à une barrière, et chacun de repérer les siens et faire de grands gestes pour se faire voir !
Une fois le navire à quai – laborieusement à cause des lamaneurs qui n’ont pas l’air au mieux de leur forme, manifestement les bateaux du lamanage ne sont pas « secs » eux ! – ceux qui doivent prendre un train rapidement débarquent. Les autre ne sont pas pressés du tout, et nous profitons du temps qui nous reste à bord.
Je peux faire visiter le navire à Loïc en même temps que d’autres familles de stagiaires qui en ont envie. Il rentre ensuite chez lui et me retrouvera demain matin à 9 heures, extrême limite pour quitter définitivement le BELEM en fin de stage. Je vais profiter d’une dernière nuit à bord avec tous mes camarades mordus qui ne veulent pas en perdre une miette.
Le soir, nous allons boire un verre au pub en face du quai et l’ambiance est joyeuse, stagiaires et équipage formant toujours une bonne équipe prête à faire la fête. Nous rentrerons à bord vers 1 heure du matin et nous coucherons bien plus tard…

JEUDI 29 JUIN 2006

Réveil vers 7 heures et demie pour tout le monde. En quittant ma bannette, je veux récupérer quelque chose dans mon sac que j’ai mis sur une autre bannette hier au soir, et surprise… je tombe sur un gabier qui dort à poings fermés ! Il a trouvé sa bannette inutilisable dans le carré de l’équipage et est venu dormir chez nous, original.
Le petit déjeuner est joyeux et animé, chacun faisant des projets pour que l’on se revoie ou que l’on re-navigue ensemble.
Une dernière corvée de vaisselle plus tard, nous finissons par quitter notre cher BELEM vers 10 heures au lieu de 9, une heure de gagnée !
Nous accompagnons ceux qui partent en train à la gare, passons un dernier moment ensemble puis chacun reprend sa route.

Et voilà, c’est fini, mais je me promet de revenir….

29 06 1(Le Belem – 110 ans – quai de la Fosse à Nantes)

Livret de navigation maritime

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Dédicaces de l’équipage et des stagiaires

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(Pages de l’ouvrage acheté à bord :
« Le siècle du Belem » de Philip Plisson et Jean Noli
– Voiles Gallimard)

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